Fiche technique et patron pour la réalisation d’un gambison de piéton.

Fiche technique et patron pour la réalisation d’un gambison de piéton.

Les sources

Les sources

Aussi appelé gamboison, gambeson, il s’agit du vêtement de base du combattant à pied et des unités spécialisées à cheval (éclaireurs). Dans certains textes il est appelé aussi armure de linge. Loin d’égaler le haubert de maille, le gambison demeure une bonne protection contre les coups contondants, d’où son intérêt pour nous, les reconstitueurs. Il demande peu de matériel et d’expérience pour sa réalisation.

Au niveau des matériaux, tout dépend du degré de reconstitution que l’on veut atteindre et du statut du personnage : ne pas oublier que pour le moment, à part la Manche de Bussy Saint Martin, nous n’avons que peu de traces sur la constitution précise du vêtement. Les matériaux sont la soie, le lin, et parfois le coton (aketon) pour la Terre Sainte.

Le patron

Le patron

  • Hauteur : selon l’époque, varie du haut du genou à sous le genou.
  • Largeur : prendre le tour de la poitrine divisé par 2, plus 10cm.
  • Cou : prendre le tour de cou plus 3cm.
  • Amigaut : tour de tête moins le tour de cou, plus 3cm. Selon les essais, soit coupé comme une tunique : sur le devant, soit sur une épaule, soit divisé en deux, sur les deux épaules. Je n’ai personnellement expérimenté que le premier montage. La fermeture se fait au moyen de lacets ou de boutons.
  • Fente devant jusqu’à l’aine, un peu moins haute pour derrière.
  • Manche : de l’épaule au coude pour les courts, de l’épaule au poignet pour les longs, possibilité d’intégrer des moufles ou des gants. Tour de poignet plus 2cm, deux fois le tour du poignet plus 2cm à l’épaule.
  • Col : doit couvrir le cou jusqu’à la mâchoire, cependant, je recommande de ne pas fixer le col, et donc de faire un colletin, plus confortable et plus cohérent selon certaines sources.

Le rembourrage :

Appelé aussi Gambois, divers matériaux peuvent être utilisés, les puristes préféreront la laine brute, le crin, végétal ou animal, charpie de chiffon, nappe de coton. Ceux qui préféreront un rendu visuel correct mais une réalisation plus aisée, utiliseront de la couverture de laine (surplus militaire). A noter qu’avec la couverture de laine, le lavage en machine reste possible…

Les couches :

Le gambois doit être cousu entre 4 à 6 couches de tissu, selon le tissu et la résistance que l’on souhaite. La manche de Saint Martin présente une protection modulable qui va de 6 couches de matériaux à l’épaule pour se terminer à deux couches sur les doigts (manche avec gants) et une sur la paume.

La réalisation

La réalisation

Si l’on prend de la couverture ou de la nappe de coton comme gambois, il suffit de faire un sandwich et de coudre les lignes de maintien. Toujours partir de la ligne centrale, du col vers le bas, et fermer les bords lorsque toutes les lignes sont faites. Ne pas faire les lignes trop serrée, ou trop large. Je prend un pouce de large pour faire mes lignes.

Dans les autres cas, procéder de la même façon mais laisser le bas ouvert, puis, glisser le gambois entre les deux couches du milieu avec une baguette, ne pas trop tasser, sinon le vêtement sera lourd et rigide. Ne pas oublier de diminuer les épaisseurs à l’intérieur du coude (saignée) pour plus de confort.

Assemblage du vêtement : laisser aux aisselles une dizaine de cm non cousue. Puis fermer avec un losange de deux couches de tissu.

Astuce : pour que le gambison ne fatigue pas trop, surfiler les lignes sur 20 cm au niveau de la couture d’épaule qui relis dos et devant.

Le Gambison n’est pas un vêtement à porter avec un haubert car il est trop épais et la combinaison des deux limite les mouvements. Il semble qu’il existait un vêtement moins épais, probablement constitué uniquement de couches de tissu (soie, lin, nappe de coton) que l’on trouve dans certains textes sous le nom de tunique gamboisée.

À propos de la Manche de Bussy

À propos de la Manche de Bussy

Un petit mot au sujet de cette fameuse manche de Saint Martin…Au moyen-âge, il est bon de pouvoir consacrer un lieu de culte (chapelle, église, cathédrale) avec une relique, (objet ou reste ayant appartenu à une figure religieuse). Bien évidement, l’existence de tels objets est sujette à caution, pour nous, qui disposons d’une science adéquat : l’archéologie.

Pour l’époque il suffit qu’un haut représentant de l’église affirme l’origine d’un objet pour que tous y croient et lui accordent un grand pouvoir. Bien vite se développa un marché parallèle, où l’on n’hésita pas à fabriquer de tels artefacts. Ainsi, on peut dénombrer pas moins de 7 crânes Saint Jean rien qu’en France.

En ce qui concerne Saint Martin :  Martin était un légionnaire romain. Le manteau était le seul bien personnel qu’il possédait. Il le partagea avec un nécessiteux en le découpant. Un morceau de son fameux manteau, une manche, fut « retrouvé » et exposé pendant le XIII° siècle…

La manche est constituée de plusieurs couches de soie, rembourré de nappe de coton non cardé, et que les moyens actuels ont daté du…XIII° siècle ! Détail intéressant, la manche, qui est censé avoir été séparée du vêtement, ne montre aucun signe qu’elle fut attenante à quelque chose : elle a été fabriquée comme une pièce séparé.

Les gens du XIII° connaissaient l’histoire de Saint Martin, mais pas le mode vestimentaire de la Légion Romaine, le manteau d’alors était ce que nous appelons une cape, épaisse et chaude. Lorsqu’ils fabriquèrent l’artefact, ils ont reproduit ce qu’ils connaissaient, à savoir une pièce, facilement identifiable, du vêtement d’un combattant contemporain du XIII° siècle.