Le mulet

Pourquoi cette expérimentation ?

Julien Renoux et moi-même avons passé pas mal de temps à nous poser des questions quant aux représentations des énarmes et leur utilisation dans la réalité du combat. Nous sommes donc partis sur la réalisation d'un bouclier test baptisé "mulet".

L'objectif étant de tester différents montages avec un seul bouclier. Le système de trous et cordes permet de déplacer les sangles velcro en fonction du type de montage des énarmes. Une mise à jour sera faite pour rendre compte des différents tests.

 

 

Modèle A

Test modèle A : extrait de La vie d’Edouard le confesseur, Matthew Paris. Deuxième quart XIIIe.

 

Fig. 00 montage des énarmes et guige à la façon de la source

 

Position des énarmes et de la guige : 001 :

Voici les positions des énarmes.

 

Fig 001 : position des énarmes

 

 

1) Prise simple de la poignée supérieure cf. Fig 002, 003, 004, 005 :

 

 

 

 

La position centrale haute de cette poignée, associée au support offert par la guige permet une manipulation aisée du bouclier, ainsi que la possibilité de le lâcher très rapidement pour utiliser les deux mains. Le bouclier tombe alors sur le côté.

Le poids du bouclier, dans cette configuration, tire vers le bas. Il est fort probable que cette utilisation sera  préférée par le cavalier plutôt que par le piéton.

Bien que la possibilité de tenir le bouclier comme sur la (fig.  011) n’est pas sans rappeler un folio de la bible du cardinale de Macièjowski où l’on voit un piéton protéger un arbalétrier de la même façon.

 

 

 

2)  Prise de la poignée, bras engagé dans l’énarme horizontale cf. Fig 006, 007, 012, 013, 014, 015 :

 

La position, bien qu’apparemment étrange, est incroyablement efficace et offre de nombreux avantages. Le bras est engagé près du centre de gravité du bouclier, permettant de manœuvrer celui-ci avec aisance et peu de contrainte. L’allonge est augmentée, offrant une bonne couverture à l'avant; le coude est bien couvert (fig. 007). En position de repos (fig. 015), le bouclier continue de bien couvrir le corps.

Seul bémol, le bas du corps est peu couvert exposant les jambes ou obligeant à une fente excessive pour couvrir le genou (fig. 012). Cette position est donc à réserver à un style de combat agressif ou au duel.

 

3) Prise « lâche » par l’énarme horizontale et l’énarme diagonale cf. Fig 008, 009, 010 :

 

 

 

Cette position (fig. 008) n’est clairement pas une position active, mais semble bien être une position passive de cavalier : le bras est engagé dans le bouclier, la main pouvant tenir les rênes.

Les énarmes étant relativement lâches il est assez aisé des les saisir pour passer à un mode actif. La protection étant particulièrement haute et l’allonge grande (fig. 009, 010) il est fort probable que cette prise soit pensée dans le cadre d’engagement entre cavaliers.

 

 

4) Prise dans la croisée des énarmes cf. Fig 016 et 017 :

 

 

La tenue de l’énarme diagonale, bras pensant par l’énarme horizontale (fig. 016 et 017) permet une meilleure couverture basse avec une protection de genou imposant une fente moins grande.

Cette position pourrait être utilisée dans un engagement en groupe car elle demande moins d'efforts et protège mieux la zone -épaule/genou-. 

 

Une mise en application de ce montage des énarmes sera testé par les cavaliers du rassemblement Tournoi XIII. Un reportage photos commenté sera mis en ligne prochainement.

A suivre.