Imprimer

 


Article rédigé et réalisation Philippe CORNETET.

Nous tenons à remercier Madame Martine DAUTUN et l'association "Les amis de l'Eglise de Bussy-Saint-Martin" de nous avoir permis d'accéder à la pièce archéologique.

Article written by Philippe Cornetet.

We wish to thank Ms Martine DAUTUN et the association « Les Amis de l’Eglise de Bussy-Saint-Martin » (The Friends of Bussy-Saint-Martin Church) for allowing us access to historical items.

 

Note from the translator:

Some technical sewing terms were quite difficult to translate, especially when your mother language is French to start with and you have no expertise in sewing. Here are the original that caused trouble and proposed English translation (This side was found to be useful: http://fabulousfrenchvintagepattern.com/common-translation-of-sewing-terms):

- Point Avant = Forward Stitch

- Point de Surjet = Oversewing Stitch

- Biais = Bias Tape

 

Les sources :

 

I)                   Contexte et histoire du fragment :

La légende de Saint Martin : soldat romain au IVe, Martin connu pour sa charité et pour avoir partagé son manteau, sa seule possession, avec un pauvre d’Amiens (cf. Fig 01). Il devient Évêque de Tours vers 371.

The legend of Saint Martin : a roman soldier of the 4th century, Martin was known for his charitable mind and for sharing his coat, his only possession, with a poor of Amiens (Fig. 01). He became bishop of Tours in around 371.

 

 

fig 01

Il y a deux traces du vêtement de Saint Martin ; La première est la Cappa, vénérée par les rois, mais perdue dès le IXe siècle, la deuxième est le « Manteau de Saint-Martin ».

La première mention au « manteau de Saint-Martin » le situe à Auxerre, au XIIIe siècle. En 1271, un fragment en est prélevé par l'Evêque Evard de Lesignes pour son parent, Jean de Conti, chancelier de l'église d'Amiens. En 1286, un deuxième fragment est donné à la collégiale de Saint Martin de Champeaux. En 1379, c'est la comtesse de Nevers qui en reçoit un morceau. En 1410, la collégiale de Clamecy, puis en 1567 à la paroisse d'Olivet, près d'Orléans.

 

There are two evidence of the cloak of Saint Martin. The first one is the « Cappa », venerated by kings but lost since the 9th century. The second one is the so-called « Cloak of Saint Martin ».

The first mention of the « Cloak of Saint Martin » place it in Auxerre in the 13th century. In 1271, a piece is extracted by bishop Evard de Lesignes for his relative Jean de Conti, chancellor of the church of Amiens. In 1286, a second piece of the cloak is extracted and given to the College of Saint Martin in Champeaux. In 1379, the countess of Nevers received another fragment. In 1410, the College of Clamecy, then in 1567 le parish of Olivet near Orleans received pieces.

 

Cependant, ces fragments ayant disparu, et en l'absence de descriptions précises, il est impossible de savoir s’ils sont les morceaux manquants de la pièce qui est, actuellement, à Bussy Saint Martin.

Les fragments de la manche se trouvent ensuite dans l'Abbaye Royale de Chelle vers 1544 et deux textes de 1680 et 1697 confirment leur présence. Cependant, le texte est trop vague pour affirmer qu’il s’agit des mêmes fragments visibles aujourd’hui. Lors de la fermeture de l'abbaye, pendant la Révolution, ils sont confiés au curé de la paroisse de Bussy Saint Martin par une religieuse de l’abbaye, et ils y restèrent cachés jusqu'en 1826.

La manche de Saint Martin de Tour est actuellement conservée dans un reliquaire en l’église de Bussy Saint Martin (77) (cf. fig 02).

 

Since then, these pieces have been lost. Lacking exact descriptions of these pieces, it is impossible to tell whether these pieces are actually from the artifact that is actually at Bussy-Saint-Martin.

Piece from the “Sleeve” are found in the Royal Abbey of Chelle around 1544 and two texts from 1680 and 1697 confirm their presence there. However, these texts are too vague to confirm that these pieces are the ones available today. During the closure of the abbey during the French Revolution, these pieces were given in custody to the priest of Bussy-Saint-Martin by a nun from the abbey and stayed hidden there until 1826.

The Sleeve of Saint Martin of Tour is currently stored in a reliquary in the church of Bussy Saint Martin (Fig. 02).

 

 fig 02. reliques de Saint-Martin

 

II)                Description :

La description qui suit est basée sur notre observation lors de la visite à l’église de Bussy-Saint-Martin. Elle est complétée par le rapport de restauration joint à l’article.

Cette pièce archéologique est relativement fine (de 5 à 8mm d’épaisseur selon les parties). Ce détail sur l’épaisseur de la manche laisse à penser que le vêtement militaire ne peut être utilisé comme protection à part entière, il devrait être associé à une protection supplémentaire de type haubert ; la superposition des couches offrant une meilleure défense.

The description that follows is based on our own observations made during a visit to the church of Bussy-Saint-Martin. It is supported by the report of its preservation added to this article (in French).

This historical artefact is relatively thin (5 to 8mm thick depending on the section). This observation of the thickness of the sleeve suggest that this military artefact cannot be used on its own as protective equipment. It therefore must have been associated to an additional piece of armour such as a hauberk, the superposition of several layers offering better protection.

 

 

Le cartulaire de Saint Maur des Faussé, dans sa nomenclature des items demandés à sa milice, fait mention de deux vêtements de protection différents : le gambeson et la tunique gamboisée. Cette dernière appellation désigne peut être un vêtement du même type que la manche.

The manuscript of Saint Maur des Faussé, in its listing of items asked for its militia, mentions two pieces of clothing of different protective value: the gambison and the padded tunic. This latter item maybe describes a piece of protective clothing similar to the “Sleeve”.

 

 

On observe aussi, tant dans le statuaire que dans l’illustration, que les hommes d’armes en haubert ne semblent pas porter de vêtement épais sous leur armure de maille, par opposition aux rares piétons représentés en gambison dont le vêtement semble avoir un certain volume –en terme d’épaisseur-.

It is also observed both in texts and in illustrations that men at arms in hauberk do not seem to be wearing thick protective clothing under their maille, contrary to other foot soldier who only wear gambison that appear to have a significant thickness.

 

La manche présente des pièces manquantes ainsi que de nombreuses dégradations (fig. 03). Elle est constituée, sur l’avant-bras, de deux couches de taffetas de soie brune enserrant un gambois de bourre de coton non peigné. Sur le bras, le gambois est doublé grâce à l’ajout d’une séparation constituée de deux couches de lin insérées dans le milieu du vêtement.

The “Sleeve” has missing pieces as well as many damaged parts (Fig. 03). It is formed on the forearm by two layers of light brown taffeta and a padding of raw cotton. On the upper arm, the padding is increased by two layers of linen inserted in the middle.

 

 

 fig 03

 

La manche décrit une courbe qui n’est pas due à une usure ou une déformation, à mon sens, elle a été conçue ainsi (fig. 04).

The sleeve has a curvature that is not due to ageing or damage, but in my opinion was designed this way (Fig. 04).

 

fig 04 : forme de la manche

 

Le point de couture est très serré ne faisant pas plus de 2 ou 3mm. Les lignes sont espacées, approximativement, d’un pouce (fig. 05).

The stitches are very tight, no more than 2 or 3 mm. The stich lines are separated by around one inch (Fig. 05).

 

 

 fig. 05

 

Le gant est particulièrement bien conservé. Trois types d’étoffes cellulosiques (lin ?) différents ont été utilisés pour la réalisation de sa paume. (fig. 06 et 07)

The glove part is particularly well preserved. Three different types of cellulose-based fabric (probably linen) were used for the palm section of the glove (Fig. 06 and 07).

 

 fig. 06

 

 

 fig. 07

 

Une datation au carbone 14 situe la pièce entre 1160 et 1270.

Pour le reste du vêtement, différentes sources vont être mises à contribution pour donner une interprétation de ce que pouvait être le vêtement dans son ensemble. La technique de réalisation sera, quant à elle, celle observée sur la manche.

A radiocarbon dating of the artefact places it between 1160 and 1270.

For the rest of the garment, different sources will be used to give a historically accurate representation of what the whole would look like. The technique for its manufacture will be the ones used for the sleeve.

 

Rapport de restauration

Ci-dessous le rapport d’analyse de la Manche de Bussy Saint Martin rédigé par Caroline PIEL La Manche de Bussy Saint Martin à Bussy-Saint-Martin (Seine et Marne), extrait de la revue Coré n°2, pages 38 à 41 (mars 1997). 

Hereafter the report of the analysis of the « Sleeve » of Bussy Saint Martin written by Caroline PIEL « The Sleeve of Bussy Saint Martin at Bussy-Saint-Martin (Seine et Marne, France), extracted from the magazine Coré number 2, pages 38-41 (March 1997).

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Préparation

Preparing the Work

I)                   Démarche :

Si la manche de Bussy Saint Martin nous donne des informations exploitables sur la constitution, les matières, la forme et les proportions, certains détails ne pourront être que supposés ou interprétés. Parmi les interprétations :

Even if the sleeve of Bussy-Saint-Martin give useful information of its making, materials, shapes, dimensions, some detail can only be extrapolated or hypothesised. Among these are :

 

a)    La forme de la manche : Shape of the sleeve

Afin de pouvoir proposer une interprétation de la forme qu'aurait pu avoir la manche, j'ai réalisé un croquis de cette dernière telle qu'elle est actuellement (fig 08).

In order to propose an interpretation of the shape that the sleeve could have had, I created a sketch of it as it currently stands (Fig. 08).

 

fig 08 : croquis de la manche de Bussy Saint-Martin

Sketch of the Sleev of Bussy-Saint-Martin

 

A partir de mon dessin, je propose une reconstitution de la manche telle que je la conçois (fg 09).

From this sketch, I propose a reconstruction of the sleeve as I imagine it should have been (Fig. 09).

fig 09 : proposition de patron de la manche

 

       b)    Fixation de la manche au tronc : Stiching of the sleeve to the body

En réalisant un patron test de la manche, on constate une particularité inattendue : celle-ci monte presque jusqu’au cou. Dans ces conditions, il existe plusieurs options de montage :

- Manche cousue par-dessus le tronc

- Manche cousue sous le du tronc

- Tronc présentant un empiècement similaire pour recevoir la manche, à la façon des pourpoints du XVe

- Manche non cousue

Creating a test pattern for the sleeve, an unexpected observation was made: the sleeve reaches almost to the neck. In this condition, there exist several options for building the garment :

 

- The sleeve was stitches on top of the body’s piece of cloth.

- The sleeve was stitched below the body’s piece of cloth.

- The body’s piece of cloth was cut to accept the shape of the sleeve, as seen on pourpoints from the 15th century.

- The sleeve was not stitched.

Cette dernière hypothèse ne sera pas retenue car, à mon sens, elle ne pourrait donner satisfaction : la manche sortant systématiquement du tronc,  peut devenir rapidement une gêne sous le haubert.

L’absence de trace évidente du montage d’origine de cette manche ne facilitant pas la tâche, j’ai jugé  prudent de choisir une solution qui donnerait un rendu visuel proche des autres sources de la même période. Ainsi, mon choix s’est porté sur la manche fixée sous le tronc (fig 10). La couture se fera en bout de manche, au niveau du col. Cette interprétation offre l’avantage d’une fixation simple, d’une grande mobilité et  d’une protection supplémentaire par doublage de l’épaisseur sur une zone particulièrement sensible : les épaules.

 This latest option will not be kept, as in my opinion, it is not satisfactory: the sleeve sliding down can quickly become a hindrance under the hauberk. The lack of evidence on the sleeve for the way it was stitched does not help the interpretative work. I chose a safe solution that would give a visual appearance that would match other sources from the period. Therefore, I chose the sleeve to be stitched under the body’s piece (Fig. 10). The stitches will be placed at the end of the sleeve, near the collar. This option offers ease of stitching, ease of movement and added protection with an extra layer of clothing for a particularly sensitive location: the shoulders.

 

fig 10 : proposition de fixation des manches sous le tronc

 

Pour le tronc, là encore les sources manquent. Les seules représentations de gambison montrent le vêtement porté par les piétons. Ce dernier était probablement d’un montage différent de la manche, notamment au niveau des matières utilisées ce qui devait aussi impacter la forme donnée au vêtement.

Again, for the body’s piece historical sources are missing. The only illustrations show the gambison being worn by foot soldiers. These garments probably had sleeves that were stitched differently and made of different fabric that could have impacted on their shape.

 

Partant de ces constats, je choisis tout de même de m’approcher de la forme visible sur les enluminures pour la réalisation. Par conséquent, le patron du tronc se présentera comme sur la (fig 11), légèrement évasé vers le bas.

From these observations, I chose to stay close to the shape shown on the illustrations for the reconstruction. Therefore, the pattern for the body’s part was as depicted on Fig. 11, slightly flaring out at the bottom.

 

fig 11 : proposition de patron du tronc du gambison

 

c)     Le reste du vêtement :

Si l'on se réfère au rapport d'analyse page 41 "Une main gauche est présentée, détachée du bras, unie par des points de colle et d'un phylactère du XIXe siècle", on pourrait conclure la position actuelle du gant n’est pas certaine.

According to the report of the analysis, page 41, “A left hand is present, not attached to the arm, joint by glue and a phylactery from the 19th century”, one could conclude that the current position of the glove is not certain.

De plus, les sources graphiques ou statuaires, montrent, de façon non équivoque, que le vêtement qui est porté sous le haubert ne présente pas de gant attenant au gambison. Ce qui semble bien suggérer un gant indépendant de la manche comme le montre le gisant de Jean d'Alluye fig 12 et 13.

Moreover, illustrated historical sources or statues show without ambiguity that the garment worn under the hauberk does not have any glove attached to the gambison. This seems to suggest the existence of a glove not attached to the sleeve, as shown by the effigy of Jean d’Allyre (Fig. 12 and 13).

 

 

 

fig 12. Jean d'Alluye, mort en 1248

Jean d'Alluye, died 1248

 

fig 13. manche sans gant Sleeve without glove

Lien vers la photo du gisant de Jean d'Alluye

 

II)                Les matières : Fabrics

Les matières utilisées sont les suivantes :

-         Couverture de laine pour les tests

-         Taffetas de soie pour les couches extérieures et intérieures, de la même teinte

-         Toile de lin ou de chanvre pour les couches intérieures (fibre cellulosique)

-         Fil de lin teinté à la couleur de la soie pour le piquage, couleur naturel pour les coutures sur lin.

-         Bourre de coton non peigné pour le gambois

The fabric used are the following:

 - Wool blanket for the tests.

- Taffeta for internal and external layers, of the same shade.

- Linen or hemp canvas for internal layers (cellulose fibres).

- Linen thread, dyed to the same colour as the taffeta for the stitches, natural colour for stitches on linen.

- Raw cotton padding.

 

 

Points de couture utilisés :

Point avant et point de surjet (cf. rapport dernière page)

 

Matériel utilisé :

-         mètre ruban

-         règle

-         craie

-         jeu d'aiguilles

-         petite pince

-         fil de lin

-         épingles

- Measuring tape

- Ruler

- Chalk

- Needles

- Small plyers

- Linen thread

- Pins 

 

III)              Le Patron :

Le patron de base présenté est en deux parties : le premier, pour les manches, est la copie de la manche de Bussy Saint Martin, le deuxième est une interprétation du reste du vêtement en fonction des formes courantes connues, notamment dans la bible du cardinal de Macièjowski.

The basic pattern is shown in two parts. The first one for the sleeves is a copy of the Sleeve of Byssy-Saint-Martin. The second part is an interpretation of the rest of the garment according to recognised historical shapes, primarily the Maciejowski Bible.

 

A partir de ce patron, je réalise un modèle dans une couverture de laine qui me  permet d'ajuster les pièces à ma morphologie et de réaliser plusieurs tests avant le patron définitif (fig 14, 15 et 16).

From this pattern, I made a test article in a wool blanket that allowed me to adjust pieces to my body shape and to create several test pieces before making the final pattern (Fig. 14, 15 and 16).

 

 

fig 14 : patron de la manche sur laine test

 

fig 15 : essai de la manche test

 

fig 16 : essai de fixation de la manche au tronc

Fitting of the sleeves on the body’s piece

 

Une fois le patron de base ajusté, il est nécessaire de tracer le patron final en prévoyant une marge de 4cm supplémentaires sur chaque bord pour palier au retrait que va engendrer le piquage du gambois et prévoir les ourlets de finition.

Once the test pattern is finalised, the final pattern is created by introducing an extra 4cm margin on the edges to accommodate the shrinkage that the stitching of the padding will create and to account for the hem.

 

 

 


Réalisation

 

Les points de couture

 

Les points observés sur la manche sont : le point avant et le point de surjet (cf. dernière page du rapport). Il est fortement recommandé, pour le piquage, de ne pas faire des aiguillées trop longues. En effet, la soie et le gambois tendent à user rapidement le fil de lin et à le rendre cassant.

The observed stitches are forward stitch and oversewing stitche (see last page of the report). It is highly recommended for the stitches to use thread lengths that are not too long. Indeed, the taffeta and the padding wear out the linen thread and make it easy to break.

 

 

Une fois le travail commencé, il convient de ne plus déplacer l’assemblage jusqu'à ce que tout le travail de piquage soit fini afin d’éviter un transfert du gambois. Prévoir soit un plan de travail fixe, soit une plaque de carton pour pouvoir déplacer facilement l’ensemble.

 

Once stitching has started, it is recommended not to move the assembly until all the stitches are done in order to avoid shifting the padding. A stable work area was prepared in advance, possibly using a sheet of cardboard as a platform to move the assembly.

 

 

LES MANCHES

Sleeves

 

 

Procéder d'abord à la disposition des différentes couches (fig 16) :

1 - soie intérieure.

2 – couche de bourre de coton non peigné, sur environ 1cm d'épaisseur non tassée. Veiller à bien répartir la bourre pour éviter des zones de faiblesse.

3 – intercalaire des deux couches de tissu de lin sur le bras.

4 – couche de coton, sur l'intercalaire de lin, sur environ 1cm d'épaisseur.

5 – soie extérieure.

6- couture provisoire pour maintenir l'ensemble.

First proceed with the arrangement of the different layers (Fig. 16):

1- Internal taffeta.

2- Layer of raw cotton padding, about 1cm thickness, not compressed. Make sure the padding is well distributed to avoid creating areas of low protection.

3- Place two layers of linen fabric on the upper arms.

4- Place another layer of cotton on the linen fabric, about 1cm thick.

5- External taffeta.

6- Temporary stitches to secure the assembly.

 

 

fig 16 : les couches de la manches

 

Fixer l’ensemble avec une couture provisoire au point de surjet sur toute la bordure. Cela permettra de garder le gambois en place pendant la couture.

Commencer la première piqûre au milieu de la manche, puis faire les suivantes de part et d'autre en allant vers l'extérieur. La piqûre est réalisée au point avant et doit être serrée. Le point de la pièce d'origine fait entre deux et trois millimètres (fig 17) .

The assembly was secured using temporary oversewing stitches on the edges. This allowed the padding to stay in place during the final stitching.

The first row of stitches was started in the middle of the sleeve and the following rows made by progressing outward from it as a reference. The stitches were forward stitches and must be tight. The stitches on the original artefact are between 2 and 3 mm apart (Fig. 17).

 

fig 17 : ligne de piqure de démarrage

First row of stitches

 

En procédant méticuleusement, on doit obtenir des boudins réguliers ayant environ 1cm d'épaisseur (idéalement 8mm) sur le bras et 5 mm sur l’avant-bras (fig 18).

By proceeding carefully, the padding must form regular sausage-like shapes about 1 cm thick (ideally 8mm) on the upper arm and 5mm thick on the forearm (Fig. 18).

 

fig 18 : lignes de piqure

 

Les piqures de la source sont droites par rapport à l’axe de symétrie du bras. Cependant, pour un meilleur maintien, j’ai préféré faire des lignes qui se resserrent légèrement au niveau des poignets.

Au fur et à mesure du piquage des lignes, en se reprochant des bords, la bourre augmente en densité, par effet de lissage. Lorsqu’il reste deux lignes à faire sur chaque bord, retirer la couture provisoire pour pouvoir retirer l’excédent de bourre (fig 19).

The stitches on the historical artefact are straight in relation to the axis of symmetry of the arm. However, for a better fit, I preferred to make rows that come together slightly towards the wrists. As the rows of stitches got closer to the edges, the padding increased in density. When there was only two rows of stiches left to make on each edge, the temporary edge stitches were cut off and some excess padding removed (Fig. 19).

 

fig 19 : retirer l'excédent de bourre de coton

Removing excess cotton padding

 

Pour terminer la manche, faire un ourlet de 5mm sur le bord de la couche extérieure, le rabattre sur la couche intérieure et le coudre au point de surjet (fig 20).

To finish the sleeve, a 5 mm hem was created on the edge of the external layer of fabric. It was them folded over the internal layer of fabric and was sewn using oversewing stitches (Fig. 20).

 

fig 20 : couture des bords

Stitching of the hem

 

Les empiècements permettant le laçage des avant-bras seront  réalisés en cuir ainsi que le lacet –un lacet en fil est tout à fait envisageable-.

The pieces that allow the forearms to be laced closed were created in leather. As leather thong was used but a simple linen string is also possible.

 


 

LE TRONC

The Body

 

Pour le tronc, je ne me suis basé que sur les représentations des gambisons de l'enluminure, étant donné que c’est la seule source disponible pour cette pièce du XIIIe siècle.J'opte pour une forme légèrement évasée vers le bas et fendue (fig 21).

For the body, I only used gambison in illustrated sources as references as it’s the only available source for this garment in the 13th century. I opted for a slightly flared shape at the bottom with a split (Fig. 21).

 

fig 21 : forme du tronc

 

Pour le gambois, j’utilise la même logique que pour les manches : couche de bourre de coton plus épaisse sur le haut du corps et une couche plus fine sous la ceinture (fig 22 et 23).

For the padding, I used the same reasoning as for the sleeves: a cotton padding, thicker on the top of the body than below the belt (Fig. 22 and 23).

 

fig 22 

 

fig 23

 

Les couches sont superposées comme suit :

- Sur la partie haute du tronc : soie / coton / lin / lin / coton / soie

- Sur la partie basse du tronc : soie / coton / soie

The layers were created as follows:

On the upper part of the body: taffeta / cotton / linen / linen / cotton / taffeta

On the lower part of the body: taffeta / cotton / cotton / taffeta

 

La piqure du tronc :

Le même travail d'assemblage que pour la manche est nécessaire afin de garantir des points de piqure réguliers (fig 24).